Israël veut valoriser son savoir-faire dans les technologies de l’eau

L’usine de dessalement de Hadera

L’industrie israélienne de l’eau a occupé le centre des congrès de Tel-Aviv en ce début octobre 2013 pour montrer au monde ses innovations dans l’assainissement des eaux polluées, les pommeaux de douche informatisés, les tétines à flux contrôlé pour produire des tomates à très haut rendement et ses algorithmes mathématiques pour détecter les fuites dans les canalisations, qu’elles soient au goutte-à-goutte ou à flots.

Ce ne fut pas la conférence professionnelle la plus sexy pour la « nation start-up » mais il y a beaucoup d’argent dans l’eau.

Israël veut être admiré dans le monde de l’eau autant qu’il l’est dans le monde high-tech. Le volume des exportations dans le domaine des technologies de l’eau a atteint $2 milliards par an, un triplement durant les 5 dernières années. Son principal client est les USA, suivi par les BRIC et pays en expansion comme le Mexique, la Turquie, la Chine l’Inde.

De par son histoire de rareté, d’isolement et d’inventivité, Israël a dû et pu développer un pôle d’excellence dans ce domaine, que ce soit pour le management et la préservation des ressources, le recyclage, le dessalement et les économies d’eau. Le premier Premier ministre d’Israël, David Ben-Gurion, avait lancé l’appel de « faire fleurir le désert ». Depuis, les leaders israéliens ont continuellement propose à leurs voisins les transferts de technologie qui leur permettraient de résoudre leurs problèmes de pénurie, dans le cadre d’accords de paix avec les Palestiniens et les états arabes.

Deux gouverneurs d’états arides aux US, Rick Perry du Texas et Brian Sandoval du Nevada, tous deux Républicains, sont venus accompagnés d’une importante délégation pour examiner les produits présentés à Watec Israël 2013.

Perry a félicité Israël pour le recyclage des eaux usées, 85% en Israël comparés à 1% aux US. Le Gouverneur du Texas a rencontré de nombreux industriels pour essayer d’établir des partenariats avec son état. Le Texas subit des sécheresses à répétition et il doit gérer de manière beaucoup plus rationnelle ses maigres ressources. Son parlement a vote récemment un budget de 2 milliards de $ pour reconstruire ses infrastructures hydriques.

Les halls du palais des congrès de Tel-Aviv étaient remplis d’ingénieurs de Chine, Espagne, France, Australie. Acheteurs et vendeurs se réunissaient autour des fontaines à eau pour signer des accords.

Israël est leader mondial en dessalement de l’eau de mer. Dès 2014, plus d’un tiers des eaux potables pour consommation domestique proviendra de la Méditerranée et de quelques sources d’eaux saumâtres dans le désert. La consommation totale d’eau d’Israël en 2013 est au même niveau que celle de 1964, alors que la population a presque quadruplé.

« Nécessité fait loi et Israël en est la preuve » dit Oded Distel, le directeur d’Israel New Tech, l’agence gouvernementale qui répartit les aides aux start-up de haute technologie dans le domaine de l’eau pour l’innovation et le marketing à l’étranger.

Selon Distel, l’industrie de l’eau était un domaine d’activité de base utilisant des vieilles technologies et des méthodes datant de plusieurs siècles, comme des méthodes d’irrigation datant du temps des Egyptiens. Les systèmes d’adduction d’eau municipaux de Los Angeles, Londres et New Delhi traditionnellement perdaient plus de 20 % de l’eau transportée par fuites ou évaporation. Dans un monde de rareté, de changement climatique et de population en croissance rapide, l’eau potable n’est plus une ressource « naturellement disponible ».

L’industrie moderne de l’eau a démarré vers le milieu des années 1960 quand un agronome israélien, Simcha Blass et son fils Yeshayahu lancèrent avec un kibboutz une usine fabriquant les premiers systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte, apportant l’eau directement aux racines des plantes, en quantités totalement absorbées par la plante. Cette invention a apporté une vraie révolution et l’entreprise a maintenant 3000 employés et exporte dans 150 pays.

« Israël va bientôt devenir la plus importante plateforme d’innovation au monde » selon Amir Peleg, le fondateur et CEO de TaKaDu, le logiciel qui supervise les réseaux d’eau et détecte toute fuite ou robinet qui goutte en temps réel. Les secteurs publics et privés investissent lourdement en Israël pour développer et promouvoir les technologies de l’eau. Le domaine compte aujourd’hui 280 entreprises.

Peleg est un pur produit de la nation start-up, formé dans les unités du renseignement de l’armée, avec des diplômes israéliens et français. Il a d’abord fait fortune en vendant YaData, une entreprise qu’il avait créée, à Microsoft en 2008. Il a alors cherché une nouvelle niche et il a découvert l’eau. En Israël on dispose de la connaissance scientifique, des entrepreneurs, de la demande et du capital-risque pour créer les incubateurs parfaits.

Source : http://www.washingtonpost.com/world/middle_east/israel-knows-water-technology-and-it-wants-to-cash-in/2013/10/25/7bb1dd36-3cc5-11e3-b0e7-716179a2c2c7_story.html

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