Le niveau du lac de Tibériade est au plus bas, sa salinité au plus haut

Lac de Tibériade (Photo: Adam Eliyahu Berkowitz)

Le lac de Tibériade, aussi appelé le Kinneret, a atteint le niveau bas le plus bas au mois de mai, depuis que ce niveau est suivi scientifiquement et enregistré régulièrement. Cela soulève bien des inquiétudes pour ce qui est le plus grand réservoir de surface d’eau douce d’Israël.

Israël dans sa quatrième année consécutive de sécheresse

Selon la Haute Autorité de l’Eau, le lac de Tibériade, dit mer de Galilée ou Kinneret en hébreu, a perdu 15 centimètres de son niveau en mai. Il ne contient plus que 9 million de m3, son volume le plus bas depuis que des mesures systématiques ont commencé en 1920.

La situation du lac de Tibériade s’est dégradée durant les années récentes, suite aux années de sécheresse auxquelles le nord du pays a à faire face. Selon les hydrologues, le niveau du lac va encore baisser de plus d’un mètre d’ici le retour de la saison des pluies en novembre.

Ce phénomène n’est pas exceptionnel dans la région. Les prophètes ont parlé de ces sécheresses à répétition, ces périodes « où l’eau vient à manquer », par exemple Isaïe 19:5-6 :

Et les eaux du lac viendront à manquer, et la rivière se desséchera, et les rivières deviendront polluées, même la grande rivière d’Egypte. Les roseaux seront secs.

Pour l’Israël moderne, le Kinneret a joué un rôle fondamental pour le pays en fournissant de l’eau fraîche à la fois pour usages personnels et pour l’agriculture, suite à la construction de la Grande canalisation nationale qui apporte l’eau du lac au sud et au centre du pays, terminée en 1964. Ces dernières années, Israël a fortement investit dans des mesures et moyens de conservation, de récupération et recyclage et enfin dans les technologies de dessalement de l’eau de mer permettant ainsi à l’état juif de réduire fortement ses prélèvements sur le Kinneret.

Malgré cela, le manqué d’apports d’eaux fraîches au lac est très préoccupant quant à sa vitalité, car la baisse du niveau de l’eau entraîne l’augmentation de sa salinité, menaçant tout l’écosystème et la vie aquatique qu’on y trouve.

La Haute autorité avertit que le bas niveau entraînera « des retraits additionnels de l’eau des côtes et provoquera divers phénomènes bouleversant les équilibres écologiques et environnementaux ».

Ce bas niveau du Kinneret représente aussi un danger pour la mer Morte, alimentée à partir du lac par le Jourdain, dans les conditions définies par le traité de paix israélo-jordanien qui consomme toute l’eau des affluents du Jourdain au sud du lac. N’étant plus alimentée suite à sa forte évaporation, la Mer Morte voit son niveau descendre d’un mètre et plus par an.

Les données collectées par le service météorologique d’Israël (ISM) montrent que le volume actuel des pluies se situe à 71% de la moyenne pluriannuelle, signe que le pays est entré dans une nouvelle année de sécheresse.

Les données de l’IMS indiquent aussi que la région du lac de Tibériade, principal fournisseur d’eau du pays, n’a reçu que 70% de la moyenne annuelle.  Ce manque de pluie dans la zone entourant le lac entraîne une hausse de sa salinité, risquant de rendre ses eaux impropres à la consommation humaine ou même à l’irrigation. Pour éviter cela, la Haute autorité de l’eau envisage d’injecter dans le lac 50 millions de m3 d’eau provenant d’usines de dessalement. C’est la 4ème année consécutive où le nord d’Israël subit une sécheresse, mais, grâce aux cinq usines de dessalement de l’eau de mer construites dans le pays et opérationnelles, le pays ne souffre pas du manque d’eau. La Haute Autorité de l’Eau cherche depuis des années à obtenir l’autorisation de construire une sixième usine de dessalement de l’eau de mer dans le nord du pays. Le changement climatique va réduire le volume annuel de pluies dans cette région, ce qui rend cette usine additionnelle nécessaire, en particulier pour protéger le Kinneret.

La salinité du lac de Tibériade est au plus haut

Le Conseil Régional de la Vallée du Jourdain a publié dans son rapport annuel que le taux de salinité du lac de Tibériade était inquiétant : il est 30% plus élevé qu’il ne l’était 5 ans plus tôt, et au plus haut depuis 50 ans. Cette augmentation de la salinité du lac est due aux apports d’eaux salines provenant de sources situées sur les berges et au fond du lac.  Ces apports sont normalement compensés par la pluie, mais celle-ci est fortement inférieure à sa moyenne annuelle depuis plusieurs années.  En février 2017, il n’est tombé que 10% de la moyenne mensuelle pendant la saison des pluies, et à la fin de cette saison des pluies, le niveau du lac était encore en dessous de la ligne rouge. Ce manque de pluviosité est le plus ressenti dans la région nord, celle du bassin versant alimentant le Kinneret.

Le Kinneret fournit encore en moyenne 35% de l’eau potable du pays. L’augmentation de sa salinité entraîne une hausse du coût de l’eau destinée à l’agriculture et aussi une forte diminution des populations de poissons.

Ces phénomènes sont récurrents et la Bible, le Talmud, la Cabbale, les Prophètes sont remplis de descriptions de longues périodes de sécheresses semblables et de prophéties sur leur occurrence.

Sources :
https://www.breakingisraelnews.com/87678/israel-enters-fourth-consecutive-drought-year
https://www.breakingisraelnews.com/88906/biblical-lakes-salinity-reaches-record-high-sea-galilee-need-prayer
https://www.breakingisraelnews.com/89214/sea-galilee-hits-time-low-recorded-water-level

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